RDC: Revue de casting, Joseph n'a pas de choix

Publié le par ACOVIG association des Congolais pour la justice

Revue de casting

« Kabila n'a pas le choix. Il doit élargir sa base politique et rééquilibrer son entourage », résume notre visiteur du soir de nouveau en cour. Pour lui, pas de doute, le « boss » va changer. L'allure du prochain gouvernement sera observée de très près par une communauté internationale prête à tourner la page de la présidentielle à condition d'obtenir des gages d'ouverture. Mais au-delà de cette revue de casting, qui devrait aussi toucher les bureaux du Palais de la nation, les deux capitales les plus impliquées dans une ligne coercitive à l'égard de Kabila, Paris et Washington, ont fixé trois priorités pour entrevoir un début de normalisation avec Kinshasa. La réforme de la Ceni suppose un « lâchage » de Daniel Ngoy Mulunda. L'amélioration des conditions de vie des Congolais nécessite la mise au travail d'un gouvernement compétent et affairé. Enfin, les avancées sur les questions sécuritaires dans l'est du pays exigent une profonde réforme de l'armée. Sur ce dernier point, le chef de l'État a semble-t-il décidé d'accélérer le mouvement. Après la défection de plusieurs officiers, des ex-rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) intégrés début 2009 au sein des FARDC, il s'est rendu à Goma (Nord-Kivu) du 9 au 12 avril. De là-bas, il a supervisé la reddition de la plupart d'entre eux et a déclaré vouloir « arrêter et juger au pays » leur chef, le général Bosco Ntaganda, poursuivi pour crimes de guerre par la Cour pénale internationale (CPI). Plus qu'un geste de bonne volonté.

« Kabila a deux rendez-vous dans le viseur », résume un diplomate. Le premier est le Sommet de la Francophonie, à Kinshasa en octobre 2012 (voir ci-dessous). « L'absence de chefs d'État lors de son investiture, excepté le Zimbabwéen Robert Mugabe, l'a profondément affecté. Pour avoir plus de visiteurs dans six mois, il doit briser son isolement. » Le deuxième rendez-vous est plus lointain, mais encore plus important : 2016 et la fin de son deuxième et dernier mandat, selon la Constitution. Sauf à vouloir modifier cette disposition, ce qui semble hasardeux aujourd'hui, il doit d'ici là s'assurer la meilleure protection qui soit pour un ex-président qui aura 45 ans lorsqu'il franchira la porte de sortie du Palais : un bilan présentable. De quoi ensuite envisager une « retraite paisible » avant de « revenir », selon une confidence faite à certains de ses visiteurs. Mais pour cela, Kabila n'a pas le choix. Il doit changer.



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