RDC: nausée politique

Publié le par ACOVIG association des Congolais pour la justice

Nausée

De fait, la liste des griefs relève d'un inventaire à la Prévert. Les Congolais n'ont quasiment rien vu des Cinq Chantiers promis en 2006 (infrastructures, santé et éducation, eau et électricité, logement, emploi), si ce n'est les 7 km de routes bitumées à Kinshasa, dont l'imposant boulevard du 30-Juin. On ne compte plus les coupures d'eau et d'électricité dans une ville tentaculaire où s'entassent plus de 10 millions d'habitants, où le choléra a dernièrement fait son apparition dans certains quartiers littéralement laissés à l'abandon, où il n'y a pas de travail, où les frais annuels d'inscription à l'école primaire s'élèvent à 200 dollars (153 euros) alors qu'un salaire mensuel de base ne dépasse pas les 100 dollars...

Ajoutons à cela l'insécurité persistante dans l'est du pays, où plus de 1,7 million de personnes sont contraintes à un exode permanent pour fuir les violences innommables commises aussi bien par des groupes armés que par des éléments des troupes dites régulières estampillées Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ; l'absence totale d'infrastructures dans les autres provinces ; l'exportation illégale de minerais pour plusieurs dizaines de millions de dollars chaque année ; l'enrichissement vertigineux de certains ministres pouvant se faire construire des immeubles après seulement quelques mois aux affaires ; la rapacité des députés s'arrogeant un salaire mirobolant de 6 000 dollars par mois... Cette impression d'immense gâchis donne au mieux le tournis, au pire la nausée. Bref, Kabila n'avait pas de bilan et disposait, qui plus est, d'une assise électorale incertaine.



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