Jean-Baptiste Ntahwa préside à Washington la réunion du Groupe consultatif

Publié le par ACOVIG association des Congolais pour la justice

(Le Potentiel 23/04/2012)  

A l’absence de Matata Ponyo Mapom, nommé Premier ministre, le ministre du Budget, Jean-Baptiste Ntahwa, a présidé hier dimanche à Washington, à côté de Christine Lagarde, directrice générale du FMI, la réunion du Caucus africain.

Jean-Baptiste Ntahwa Kuderwa, ministre du Budget et président par intérim du Groupe des gouverneurs africains auprès du FMI et de la Banque mondiale (Caucus africain), et Mme Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, ont co-présidé la réunion du Groupe consultatif africain hier dimanche 22 avril à Washington au siège du FMI. Ils ont, au terme de la réunion du Groupe, fait une déclaration qui résume les conclusions de leur délibération.

«Nous avons eu une discussion très productive sur les perspectives économiques à court terme pour l’Afrique et les risques. Nous avons convenu que la croissance continuerait vraisemblablement à être robuste dans la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne, tirée par la demande intérieure et des politiques macroéconomiques propices. Nous avons noté que, à court terme, les économies de l’Afrique du Nord continueront à subir les incertitudes dues aux changements sociaux et politiques dans la région», ont-ils noté dans la déclaration finale de ce forum.

«Nous avons reconnu que les risques pesant sur les perspectives économiques sont considérables, surtout à la lumière des incertitudes liées à la situation en Europe et les risques concernant l’offre mondiale de pétrole. Un affaiblissement de la conjoncture économique mondiale nuirait aux exportations de l’Afrique, à l’investissement étranger, aux rapatriements de revenus, au tourisme, et éventuellement aux flux d’aide au développement vers la région; ce qui porterait atteinte à la croissance sur l’ensemble du continent», pouvait-on lire dans la déclaration.

Politique économique : plus de marges de manœuvres

Dans ce contexte, ils ont convenu que, «si la croissance continue, les dirigeants africains devraient renforcer les marges de manœuvres des politiques économiques; toutefois, si les chocs susmentionnés se concrétisent, les dirigeants africains doivent se tenir prêts à réagir pour préserver la stabilité économique, la croissance et protéger les populations pauvres. Les pays qui disposent d’une marge de manœuvre budgétaire et maîtrisent l’inflation auraient la possibilité de relâcher leur politique budgétaire et monétaire si la demande mondiale ralentit, mais d’autres pays pourraient se voir obligés d’améliorer les recettes et maîtriser leurs dépenses tout en recherchant des financements extérieurs, de manière à éviter un ajustement excessivement fort. La dégradation des marges de manœuvres fiscales et des matelas de réserves en Afrique du Nord restreignent les options de politique économique, bien que le recours à des financements extérieurs (y compris du FMI) puisse fournir plus d'espace pour des mesures de politique économique. Des dévaluations compétitives et des mesures protectionnistes devraient être évitées».

Ils pensent qu’une poussée de cours mondiaux du pétrole aurait des effets négatifs considérables sur les importateurs de pétrole. Comme principe général, ils ont reconnu que «le poids du renchérissement du pétrole devrait être supporté par les consommateurs finaux plutôt que par les budgets, et les groupes vulnérables devraient être protégés par des subventions ciblées, des transferts, ou par des revenus exceptionnels, tout en tenant compte des circonstances spécifiques de chaque pays pour déterminer le moment opportun pour l’ajustement des prix».

A l’issue de cette réunion, les dirigeants africains ont convenu que, à moyen terme, des améliorations du climat des affaires, du marché du travail, de la gouvernance et de la fourniture des services publics seraient nécessaires pour générer une croissance soutenue de l'emploi et réduire les inégalités de revenu.

En dernier lieu, les gouverneurs africains ont sollicité le FMI pour «continuer à aider les pays africains qui ont besoin d’appui à la balance des paiements, avec un montant suffisant de financement, en utilisant l’instrument le plus approprié parmi les diverses modalités de prêts du FMI. A cet égard, les gouverneurs ont demandé au FMI d’utiliser les profits exceptionnels de la vente d’or pour fournir des ressources adéquates pour subventionner les prêts dans le cadre du fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et la croissance. Ils ont également souligné l’importance pour le FMI de promouvoir et diffuser des outils de recherche et d’analyse idoine au contexte des pays africains, et d’adapter ses conseils et la conception des programmes pour aider les pays africains à répondre à leurs besoins dans une conjoncture internationale difficile».

Pour conclure, les co-présidents ont noté que «les incertitudes pesant sur les perspectives économiques mondiales constituent de menaces pour les économies africaines et ils s’accordent sur les mesures de politique économique à mettre en œuvre au cas où ces menaces se matérialiseraient». Mme Lagarde a ajouté que «le FMI, pour sa part, se tient prêt à aider les pays à définir des politiques pour faire face à ce type de chocs et à fournir l’assistance technique et les financements additionnels et flexibles nécessaires. Le FMI est déjà en discussion avec un certain nombre de pays en phase de transition en Afrique du Nord sur des possibilités de financement».

Pour rappel, le Groupe consultatif africain rassemble les gouverneurs du FMI pour 15 pays africains représentés au sein du Groupe des gouverneurs africains, et la direction du FMI. Il a été créé en 2007 pour renforcer le dialogue entre le FMI et le groupe des gouverneurs africains.


Par Faustin kuediasala

 

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