Assemblée nationale : Timothée Kombo cède le marteau à Aubin Minaku

Publié le par ACOVIG association des Congolais pour la justice

 (L'Avenir Quotidien 13/04/2012)  

*C’est définitif. Le Bureau de l’Assemblée nationale de la deuxième législature sera dirigé par Aubin Minaku, Charles Mwando, Timothée Kombo, Norbert Ezadri, Jean-Pierre Tshimanga, Elisée Munembwe et Jean-Bosco Kaboy, respectivement aux postes de Président, 1er Vice-président, 2ème Vice-président, Rapporteur, Rapporteur adjoint, Questeur et Questeur adjoint.

*Cependant, le vote des membres du Bureau définitif s’est déroulé sans les membres de l’opposition qui ont préféré vider la salle. Cela, suite au rejet de la motion dite incidentielle de l’honorable Jean-Lucien Busa qui exigeait à Timothée Kombo et Jean-Pierre Tshimanga de retirer leurs candidatures au motif qu’ils n’ont pas été choisis par leurs pairs.

*Très ému, Aubin Minaku a reconnu que réellement le train de la démocratie est en marche en Rd Congo. Car, estime-t-il, nous avons franchi une étape importante, celle de l’installation du Bureau définitif.

La session plénière d’hier jeudi 11 avril avait inscrit trois points à son projet de l’ordre du jour, à savoir l’adoption de l’ordre du jour, l’approbation du procès-verbal n°007 du 05 avril 2012 et élection des membres du Bureau définitif de l’Assemblée nationale suivie de leur installation. L’élection du Bureau définitif de l’Assemblée nationale du jeudi 11 avril 2012 a donné les résultats de ses membres députés nationaux. Sept députés nationaux ont été élus membres du Bureau définitif sur 15 candidatures enregistrées, à savoir Aubin Minaku (343 voix sur 349 avec 3 bulletins nuls) ; Charles Mwando Nsimba (324 voix) ; Timothée Kombo Nkisi (312 voix) ; Ezadri Eguma Norbet (344 voix et 5 bulletins nuls) ; Jean-Pierre Tshimanga (290 voix) ; Elysée Munembwe (344 voix, 2 voix contre et 3 voix nulles) et Kaboyi Bwivu Jean-Bosco (328 voix, 3 voix contre et 18 voix nulles), respectivement Président ; premier Vice-président ; deuxième Vice-président ; Rapporteur et Rapporteur adjoint ; Questeur et Questeur adjoint.

Une motion signée Jean-Lucien Busa

Peu avant l’élection, après l’adoption de l’ordre du jour, les députés de l’opposition comme un seul homme, sifflet à la bouche ont demandé la motion. Motion dite incidentielle lue par l’Honorable Jean Lucien Busa. Celui-ci a posé des préalables avant de procéder au vote des membres du bureau définitif. Lesquels préalables conformément au respect des articles 22 ; 24 et 11 du Règlement intérieur qui octroie à l’opposition le droit de siéger au bureau de l’Assemblée nationale. Lequel droit, exige la Majorité présidentielle à retirer les candidats dont l’opposition n’a pas avalisé les candidatures, à savoir Timothée Kombo Nkisi et Jean Pierre Tshimanga.

Cette exigence n’a pas été du goût de la Majorité présidentielle. L’honorable Célestin Mbuyu Kabangu s’est même posé la question de savoir, au nom de quelle loi l’opposition exige-t-elle à la Majorité de retirer les candidats outre que ceux qu’elle a présentés ?, avant d’ajouter que l’opposition est plurielle et que chaque candidat est libre de postuler selon ses ambitions. D’ailleurs, la Majorité a deux candidats au poste lui consacré de premier Vice-président (Ndlr Charles Mwando Nsimba et Toussaint Ekombe Mpetsi) n’a pas exigé de l’opposition de nous retirer un candidat. Seules les urnes vont trancher. Car selon lui, puisqu’il y a deux candidats de la Majorité au même poste. Avez-vous entendu la Majorité dire à l’opposition de retirer cette candidature ? Nous sommes en démocratie et les ambitions sont libres, s’est-t-il exprimé. Après un moment de perturbation occasionné par l’opposition parlementaire, sifflets toujours à la bouche, carton rouge à la main, signe de l’exclusion des candidats pseudo opposition, les députés de la Majorité quant à eux, avaient les mouchoirs blancs en mains, signe de paix et d’apaisement en vue de poursuivre l’ordre du jour de la plénière. Que de tensions et d’empêchements, le président Timothée Kombo Nkisi a suspendu momentanément la plénière en vue d’apaiser les esprits surchauffés par la motion de Jean-Lucien Busa.

Le vote étant essentiellement inclusif et que les candidatures sont d’abord individuelles avant d’être consensuelles, l’opposition parlementaire n’a pas sa raison de distraire l’opinion, a affirmé l’honorable Olivier Kamitatu. « Nous sommes dans une expression de démocratie, ça se passe dans le dialogue, et la vertu républicaine ne se passe pas dans le spectacle grossier que l’opposition nous produit aujourd’hui ». Et d’ajouter « Il y a une motion certes, il faut deux pour et deux contre, on vote et on évacue la motion. Il n’est pas question de se bousculer pour présenter ce triste spectacle, d’autant plus aujourd’hui tous les pays nous regardent et leurs yeux sont braqués sur l’hémicycle et on ne comprend pas que l’opposition puisse exhiber ses divisions internes devant le monde entier qui nous regarde », a condamné l’honorable Olivier Kamitatu.

On a cru que les esprits s’étaient calmés…

Après la suspension momentanée de la séance plénière, le président Timothée Kombo Nkisi a repris la séance en invitant quatre députés, dont deux pour la soutenance de la motion et les autres pour son rejet, ainsi pour vider la motion selon les us et coutumes parlementaires. L’honorable Bokona François est intervenu contre la motion d’autant plus que la solution à la motion est dans la Constitution en son article 13 consacré à la liberté de chacun. Car, dit-il, la Cour a renvoyé le texte du Règlement intérieur pour ne pas tenir compte de toutes les catégories politiques au Bureau, car le consensus évoqué par Jean-Lucien Busa n’est pas au-dessus de la Constitution. Tandis que l’Honorable Mutiri wa Bashara affirme l’appartenance de l’ADR à l’opposition dans sa déclaration déposée à l’Assemblée nationale. Il estime, quant à lui, que « le MLC porte la lourde responsabilité de la législature passée de n’avoir pas permis la désignation du porte-parole de l’opposition par manque de cohésion à l’opposition », a-t-il affirmé. Ce dernier s’indigne du spectacle désolant offert par l’opposition qui estime que la Majorité pourrait barrer à l’opposition ses deux postes. Pourtant, l’Assemblée nationale a des candidats et des électeurs, puisque les députés constituent un corps électoral, dont les députés se sont présentés indistinctement pour être représentatif au Bureau définitif. Donc, pour l’Honorable Mutiri, il faut avoir un corps électoral important pour prétendre être élu au Bureau de l’Assemblée, en lieu et place de présenter à la face du monde un spectacle ahurissant.

Enfin, l’honorable Germain Kambinga a estimé, quant à lui, que la motion de l’honorable Jean-Lucien Busa est celle d’un principe visant à amener les uns et les autres à l’esprit parlementaire. Car il ne s’agit pas de faire le jeu de l’opposition, ni de la Majorité de céder aux caprices de l’opposition étant donné que le Bureau définitif de l’Assemblée nationale n’est pas un organe de gestion mais de représentation, dont les forces politiques en présence de par leurs poids politiques doivent être représentées.

L’opposition vide la salle

Le rejet de la motion a permis à l’opposition de vider la salle et laisser la Majorité procéder seule au vote des membres du Bureau définitif de l’Assemblée nationale. Cependant, le Président du Bureau provisoire avait appelé chaque candidat pendant 5 minutes à donner le message de sa communication. Sur ce, les candidats de l’opposition qui ont vidé également la salle à l’exception de André Paluku de l’UDPS qui avait donné sa communication au nom de l’intérêt supérieur de la nation ; de Kombo Nkisi et Jean-Pierre Tshimanga ; l’honorable Basiala Maka Marie-Thérèse avait désisté.

Mission accomplie pour Timothée Kombo

Timothée Kombo Nkisi, président provisoire de l’Assemblée nationale s’est dit satisfait de la mission accomplie par son Bureau. Et ce, conformément aux prescrits de l’article 114 de la Constitution qui charge son Bureau de valider les mandats, élaborer et adopter le Règlement intérieur, l’élection et l’installation du Bureau définitif.

Pour lui, cette performance réalisée n’aurait pas être atteinte sans la participation des honorables députés. Il a souhaité que le même esprit de collaboration puisse continuer. « Notre rôle est d’améliorer la qualité de vie de nos populations par la qualité des lois et du contrôle de l’exécutif », dit-il, avant d’ajouter que tout contrôle qui n’est pas suivi des sanctions est inutile. Et tout contrôle sans sanction c’est du saupoudrage. C’est dans le même ordre d’idées qu’il a dit que le vrai travail commence maintenant sous la houlette du Bureau définitif qu’il a demandé aux honorables députés de soutenir. « Le Bureau est éminemment politique et technique. Il comprend les députés issus de la Majorité, de l’opposition et de non-inscrits », souligne-t-il, avant de conseiller à ses pairs, à l’instar du Cardinal Laurent Monsengwo, de privilégier ce qui les unit et d’éviter ce qui les divise. Car ,souligne-t-il, devant un détourneur, un violeur et un violateur des droits de l’homme, il ne devrait pas y avoir Majorité et Opposition, encore mois les non-inscrits. « La loi, rien que la loi. Les propositions des lois devront cadrer avec les intérêts du peuple Congolais ».

C’est par la suite qu’il a passé le marteau à Aubin Minaku. Très ému, il a reconnu que le train de la démocratie est en marche. Car nous avons franchi une importante étape de l’installation du Bureau définitif. Il a appelé ses collègues à la discipline et à éviter l’absentéisme pour un travail de qualité et pour le bonheur du peuple Congolais.

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